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Autopsie · Sécurité

Le guichet a disparu, l’impôt demeure

Réginald Surin · · English

Paru dans Le Nouvelliste le . Lire sur lenouvelliste.com ↗

Un camion quitte Port-au-Prince, le chauffeur sait qu’il paiera mais ignore où. La chronique montre que le prélèvement des groupes armés n’a plus besoin de barrière visible pour être perçu, et que détruire les péages ne brisera donc pas l’économie de Viv Ansanm.

Un camion quitte Port-au-Prince un matin ordinaire. Le chauffeur sait qu’il paiera ; il ne sait pas encore où. Le point de collecte lui sera indiqué en route, rarement le même d’une semaine à l’autre. Aucune barrière sur la chaussée, aucun poste, aucune présence armée visible. La taxe existe ; le guichet, lui, est introuvable. Cette scène n’est pas le récit d’un convoi unique : elle reconstitue un mécanisme décrit séparément, et dans des termes convergents, par plusieurs opérateurs du transport, du commerce et de la logistique. D’autres témoignages vont plus loin : des entreprises transmettent à l’avance les plaques d’immatriculation et les couleurs de leurs véhicules, et leurs convois traversent les zones sous contrôle sans s’arrêter nulle part, parce que le droit de passage a été réglé ailleurs, plus haut dans la chaîne, selon un calendrier convenu. Il faut aussitôt se garder du contresens symétrique : les postes visibles n’ont pas disparu. Des barrières bien réelles tiennent encore des axes majeurs, et elles prélèvent toujours. Ce que décrivent ces témoignages n’est pas une substitution, c’est une superposition : l’appareil de prélèvement a désormais deux étages, dont un seul se voit.

Une partie de la réponse à la crise haïtienne repose pourtant sur une lecture toute différente de cette économie : la coalition comme agrégat de prédateurs sans modèle, dont la fiscalité se réduirait à ses barrages routiers, et dont l’asphyxie s’obtiendrait en détruisant ces installations visibles. Cette lecture a une conséquence opérationnelle directe : elle fait du poste de péage la cible centrale de la reconquête économique. Elle a aussi une vertu rare dans ce dossier : elle est falsifiable. Si la coalition n’était que cela, le prélèvement devrait cesser partout où la barrière est absente. Or c’est l’inverse que l’on observe : sur des circuits entiers, aucun poste n’est visible et le prélèvement demeure. Un prélèvement qui n’a pas besoin de son guichet pour être perçu ne relève plus du péage opportuniste ; il relève d’une gouvernance criminelle, avec une assiette, des tarifs, des registres et un recouvrement.

La fiscalité visible

La strate visible de cette économie est abondamment documentée. International Crisis Group en retrace la séquence : à partir de la mi-2021, des gangs s’emparent d’un tronçon de la route nationale reliant la capitale au sud du pays, puis étendent leur emprise aux autres axes sortant de Port-au-Prince, jusqu’à contrôler l’ensemble des routes qui relient la capitale au reste du territoire. Dans le même mouvement, l’extorsion s’élargit à des entreprises de plus grande envergure implantées dans les bastions de la coalition : compagnies de transport, concessionnaires, centrales électriques, usines, sociétés opérant dans les parcs industriels et les ports. Le même rapport relève un détail qui dit tout du registre dans lequel cette économie s’installe : dans au moins quatre des grands cimetières de la capitale, les gangs font désormais payer les enterrements, se substituant à la taxe que l’État prélevait pour ce service. Le Groupe d’experts des Nations unies emploie d’ailleurs lui-même le vocabulaire fiscal : les groupes armés, écrit-il, imposent une taxation informelle qui alimente leurs activités. L’échelle n’est pas anecdotique : des études citées par le Groupe d’experts évaluent entre 60 et 75 millions de dollars par an les seuls revenus tirés de l’extorsion du transport par conteneurs, et estiment que le total, en y ajoutant le transport public, les stations-service, les rançons et les contributions d’acteurs économiques ou politiques, est plusieurs fois supérieur.

Cette fiscalité s’étend d’ailleurs des flux vers le patrimoine. À Carrefour, commune d’un demi-million d’habitants privée de police et d’exécutif légitime, la presse documente un ordre installé : des lieutenants affectés par quartier qui collectent péages et extorsions, des amendes prononcées par une justice parallèle, des grèves générales décrétées et suivies, jusqu’à la prétention d’installer l’exécutif municipal ; le Groupe d’experts y situe en outre une partie des chefs de la coalition, repliés sous la pression des drones. Des témoignages de terrain venus de la même commune, que recoupent des signalements circulant publiquement, décrivent désormais l’étape suivante : une taxe exigée sur les habitations elles-mêmes, que le logement abrite un commerce ou non. Après la circulation, les services et les transferts, la résidence : il ne manquait à cette fiscalité parallèle que son impôt foncier. Le guichet, cette fois, est l’adresse du contribuable.

Il faut prendre ce vocabulaire au sérieux, car il décrit une structure. Le poste de péage est à l’économie criminelle ce que la douane est à l’État : un point de contact entre le contribuable et le percepteur. Il a les propriétés d’une douane : une assiette large, un rendement régulier, un personnel affecté. Et il en a la faiblesse : une adresse.

Quand le guichet devient une cible

Deux forces poussent ce modèle à se dédoubler, et toutes deux sont rationnelles. La première est militaire. Dans un environnement saturé de drones et après les désignations terroristes de 2025, la visibilité est devenue un bien coûteux ; ce qui vaut pour les hommes vaut pour les installations : tout ce qui est fixe et identifiable est une cible. Le Groupe d’experts note lui-même que les frappes de drones ont ébranlé les gangs et modifié une partie de leurs tactiques. La réponse rationnelle d’un percepteur menacé n’est pas de renoncer à l’impôt ; c’est d’en diversifier le recouvrement. La seconde force est économique. Le barrage physique est un instrument fruste : il crée de la congestion, expose les collecteurs, multiplie les frictions et les occasions de prélèvements sauvages par des échelons subalternes. Un système d’abonnement, réglé en amont, perçu en gros plutôt que véhicule par véhicule, coûte moins cher, rend davantage et ne s’attaque pas au lance-roquettes. Si les barrières subsistent malgré tout, c’est qu’elles remplissent d’autres fonctions que la collecte : elles marquent la souveraineté sur un territoire, filtrent les entrées, font vivre les échelons locaux. Le poste visible demeure ; il n’est plus le tout du système.

Cette adaptation a cessé d’être une hypothèse le 27 mars 2026, date à laquelle le Groupe d’experts l’a documentée dans son rapport intérimaire (S/2026/241). Les gangs, y lit-on en substance, adoptent de nouveaux modes de collecte pour échapper aux opérations policières qui ciblent les barrages illégaux : contrôle resserré des maisons de transfert d’argent, opérations menées sous uniforme et équipement de la police, et péages « dissimulés », où le percepteur ne bloque plus la route mais observe depuis les bâtiments voisins, note les passages, puis rejoint ses cibles pour exiger son dû. L’annexe consacrée à l’extorsion décrit la suite logique : après le démantèlement de barrages autour des principales zones portuaires, les groupes ont conservé les listes de leurs cibles, donné instruction de régler hors de la route, et déployé des guetteurs chargés d’identifier les usagers commerciaux avant de venir percevoir la taxe directement dans leurs locaux. Un opérateur logistique interrogé par le Groupe décrit une relation devenue durable, quasi contractuelle, entre gangs et grandes entreprises, où la protection des marchandises est la contrepartie du racket. Le rapport va jusqu’à la comptabilité du système : dans une localité, chaque retrait de transfert d’argent subit un prélèvement obligatoire, consigné dans un second registre tenu pour le compte du gang et rapproché du registre officiel, les maisons de transfert étant tenues de reverser la collecte.

Les témoignages d’opérateurs affinent ce tableau, et chacun des mécanismes qu’ils décrivent mérite d’être nommé. Le premier est la collecte en amont : le prélèvement remonte la chaîne de valeur et se perçoit auprès des commerçants et des chargeurs, une fois, en gros, plutôt qu’au bord de la route. Le deuxième est le guichet mobile : des points de paiement tournants, indiqués aux transporteurs au fil de la route, introuvables pour une frappe, incontournables pour le payeur. Le troisième, tel que le décrivent plusieurs opérateurs, s’apparente à un abonnement : des programmes d’enrôlement auxquels des compagnies de transport souscrivent, un tarif par camion, des listes de véhicules pré-déclarés, plaques et couleurs transmises à l’avance, qui transforment le droit de passage en statut. On ne vend plus un franchissement ; on vend une certitude. C’est très exactement la définition que Diego Gambetta donnait de l’industrie de la protection : le produit n’a jamais été la barrière, la barrière n’était que l’interface de vente, et une interface, comme dans n’importe quel système de paiement, peut se dématérialiser. Des sources décrivent également des prélèvements opérés à l’intérieur ou à proximité immédiate de certaines infrastructures logistiques, selon des modalités qui rendent leur neutralisation autrement plus complexe que celle d’un barrage routier ; les détails permettant d’identifier les installations concernées sont volontairement omis ici. On ne rase pas une installation légitime pour atteindre le guichet qui s’y loge. Reste le registre le plus sensible : plusieurs témoignages évoquent des règlements par chèque. Cette chronique n’a pu examiner aucun des instruments concernés et ne se prononce donc ni sur l’ampleur ni sur la généralité du phénomène ; on notera seulement que le chèque n’est pas absent des dossiers publics, le Groupe d’experts mentionnant l’arrestation en République dominicaine, en août 2025, d’une ancienne élue locale en possession de devises non déclarées et de chèques, soupçonnée de liens avec des gangs. Un chèque, lorsqu’il existe, est une empreinte ; encore faut-il qu’une enquête judiciaire et financière aille la relever.

Ces mêmes témoignages hiérarchisent enfin les deux étages. Pour les opérateurs enrôlés, il n’y a pratiquement plus de paiement sur la route ; les barrages visibles continuent de fonctionner, mais moins souvent, et ils ne représenteraient plus que la part la plus faible du rendement. Si ces proportions sont exactes, l’étage invisible n’est plus l’appoint du système ; il pourrait bien en être devenu le cœur. La mesure manque encore, mais les indices convergent, et le Groupe d’experts formule, par ses propres voies, le même constat : la visibilité réduite des activités des gangs ne signifie pas une capacité de collecte amoindrie, et les transporteurs de produits de première nécessité, en particulier, demeurent sous contrôle.

Deux éléments plus anciens complètent le tableau. Le Groupe d’experts documentait dès 2024 le cas d’un dirigeant d’entreprise finançant des membres de gangs pour protéger ses activités et sécuriser le transport de ses marchandises : un arrangement permanent, sans barrière ni guichet. Il faut le dire nettement : le paiement d’un droit de passage sous la menace ne constitue pas, en soi, une collaboration ; nombre d’opérateurs sont d’abord les victimes d’un système auquel l’absence d’alternative les contraint. La Global Initiative observait pour sa part, au printemps 2025, que des gangs réduisaient la violence aveugle dans certaines zones précisément pour y asseoir un contrôle économique par l’extorsion : le comportement d’un administrateur qui protège son assiette. Et le rapport final du Groupe d’experts de septembre 2025 (S/2025/597) relevait déjà que, sur le corridor reliant la capitale au nord, les transporteurs paient de lourds frais d’extorsion ou contournent l’axe par la mer, le surcoût étant, dans les deux cas, répercuté sur le consommateur. Le détour maritime est la preuve par le marché : le corridor terrestre a un prix, connu, intégré aux calculs des opérateurs. L’impôt invisible a une ombre parfaitement visible : la hausse des coûts et des prix sur les circuits qu’il frappe.

Là où va la rente

Encore faut-il, avant de chercher où va le surplus, dire ce que la rente paie, car cette fiscalité couvre des dépenses permanentes, sans qu’il faille supposer une comptabilité centrale. Le premier poste est militaire : armes et munitions ne se fabriquent pas sur place, elles s’achètent, et leurs circuits d’approvisionnement, principalement depuis les États-Unis, sont documentés rapport après rapport par le Groupe d’experts ; la saisie de la douane de Belladère en mars 2025, armes, munitions, argent et véhicules, que la presse relie, citant les autorités départementales, à l’assaut lancé ensuite contre Mirebalais, rappelle que le réapprovisionnement est une dépense courante. Le deuxième poste est la masse salariale : effectifs rémunérés, recrues payées, accords de partage des revenus entre groupes ; une coalition de plusieurs milliers d’hommes est d’abord un employeur, et l’extorsion est sa paie. Le troisième est somptuaire, résidences climatisées, studios de musique, véhicules, affiché par les chefs eux-mêmes et décrit par les signalements publics : cette consommation signale le statut, atteste la solvabilité du système et recrute mieux qu’aucun discours. S’y ajoutent les distributions clientélistes documentées dans certains bastions, qui achètent de la légitimité là où l’État n’offre rien. Le solde seulement cherche ensuite un emploi.

Ce solde, témoignages et sources publiques lui dessinent trois destinations. L’écoulement, d’abord : le produit des razzias menées dans les villes de province, bétail volé compris, redevient marchandise en quelques jours sur des marchés physiques bien connus des acteurs locaux et se fond dans le commerce ordinaire. L’enchâssement, ensuite, qui exige de peser chaque mot. Des observations convergentes décrivent des commerces dont l’activité apparente semble durablement insuffisante pour couvrir les coûts et qui perdurent pourtant : stations-service aux volumes modestes, boutiques presque vides qui traversent les années, établissements de nuit au standing sans rapport avec la fréquentation observable. Une faible activité visible ne prouve pas l’absence de recettes ; la persistance de ces profils constitue un signal d’alerte, non une preuve, et seule l’analyse des comptes, des flux et des bénéficiaires effectifs permettrait d’établir si de tels établissements remplissent une fonction de conversion. Mais c’est précisément à cela que sert un signal : désigner où regarder.

La sortie, enfin, qui impose la même rigueur. Le rapport final du Groupe d’experts documente une forte asymétrie dans les saisies de liquidités non déclarées entre Haïti et les États-Unis : cent neuf interceptions totalisant près de 3,5 millions de dollars entre janvier 2022 et juin 2025, dont trois seulement concernaient des fonds entrant en Haïti. Rien ne permet d’attribuer ces sommes aux gangs ; elles établissent seulement l’existence de circuits massifs de sortie de liquidités non déclarées, dans lesquels des revenus criminels peuvent se fondre parmi d’autres flux. Ce qui est documenté, en revanche, c’est la recherche d’un état civil pour ce qui a été accumulé : demandes d’amnistie relevées par le Groupe d’experts dès 2024, annonce d’une transformation en parti politique en janvier 2025 restée sans suite substantielle, volonté de peser sur la composition de la prochaine administration notée par Crisis Group fin 2025, et jusqu’à la mise au pas sanglante, fin 2025, d’un chef de l’alliance qui persistait dans les enlèvements au mépris du récit que la coalition entend donner d’elle-même. Une organisation qui discipline ses membres pour protéger son image politique, et qui demande une amnistie, ne demande pas la permission de continuer à prendre ; elle demande le droit de garder.

Ce que briser voudrait dire

Si ce modèle est exact, alors la théorie du péage conduit à un contresens opérationnel : détruire les barrières visibles, c’est amputer l’appareil de son étage le plus exposé, pas de son étage le plus productif. On peut raser toutes les installations visibles d’un corridor et ne réduire que la fraction du prélèvement qui avait encore besoin d’une adresse. Les cibles décisives sont ailleurs, et elles sont au nombre de trois. L’assiette, d’abord : tant que le passage sous contrôle reste le seul chemin entre la capitale et le pays, la disposition à payer est totale ; la sécurisation effective et durable des axes, ou l’existence d’alternatives, est la seule politique qui la réduise. Les circuits, ensuite : des frais informels s’inscrivent quelque part dans la comptabilité des entreprises qui les versent, des traces existent lorsque les règlements empruntent des instruments formels, et les profils commerciaux atypiques se repèrent dans les données fiscales comme dans les flux bancaires ; le Groupe d’experts recommande lui-même de rendre pleinement opérationnelles les unités judiciaires spécialisées, dont celle consacrée aux crimes financiers, et c’est sur ce terrain, austère et lent, que se gagne une guerre fiscale. L’interface de conversion, enfin : toute discussion d’amnistie qui ne traite pas la question du patrimoine, de son origine et de son sort, ne négocie pas la fin d’une économie criminelle ; elle en organise la sortie par le haut.

Reste le test, car une thèse qui ne se laisse pas réfuter ne vaut rien, et il faut le formuler honnêtement : les prix seuls ne suffisent pas, puisqu’ils bougent aussi avec le carburant, le taux de change, les pénuries et les primes de risque. Le test est donc composite. Après la neutralisation durable des installations visibles d’un corridor, il faudrait suivre ensemble les tarifs de fret, les délais de rotation, les volumes transportés, les primes de risque, les paiements rapportés par les opérateurs et l’écart de prix des mêmes produits entre les marchés desservis par cet axe et des marchés comparables. Si les paiements persistent alors que les barrages ont disparu, la thèse du recouvrement déplacé et dématérialisé en sortira renforcée ; si l’ensemble de ces indicateurs se détend durablement, la théorie du péage aura eu raison, et la présente chronique aura eu tort. Dans un cas comme dans l’autre, on saura enfin ce que l’on combat. Car on n’abolit pas un impôt en brûlant ses guichets : on l’abolit en asséchant son assiette, en fermant ses circuits, en délogeant ses façades et en rendant sa conversion impossible. C’est sur ce dernier front, celui du patrimoine et de sa légitimation, que se joue désormais la partie décisive. C’est aussi là que la coalition est sans doute le plus vulnérable, parce que c’est là, désormais, qu’elle a le plus à perdre.

Note méthodologique. Cette chronique repose sur deux registres distincts et signalés comme tels. D’une part, des entretiens conduits séparément, sous couvert d’anonymat, auprès d’opérateurs et de responsables des secteurs du transport, du commerce et de la logistique ; n’ont été retenus que les mécanismes décrits de manière indépendante et concordante par plusieurs sources, et aucun montant, aucun lieu, aucune identité ni aucun détail permettant d’identifier une entreprise ou une installation n’en a été tiré. D’autre part, des sources publiques auxquelles ces éléments ont été confrontés : le rapport intérimaire du Groupe d’experts des Nations unies du 27 mars 2026 (S/2026/241), notamment sa section sur les flux financiers illicites et son annexe consacrée à l’extorsion ; le rapport final du 25 septembre 2025 (S/2025/597) sur les frais d’extorsion, les détours maritimes, les saisies de liquidités et les unités judiciaires spécialisées ; le rapport S/2024/704 ; le bulletin de la Global Initiative d’avril 2025 et son étude sur la gouvernance criminelle ; le rapport d’International Crisis Group du 15 décembre 2025 ; ainsi que des reportages de presse haïtienne et internationale, dont ceux consacrés à la commune de Carrefour, et les reportages cités par ces documents. La taxe sur les habitations évoquée à Carrefour repose sur des témoignages de terrain recoupés par des signalements publics ; aucun montant n’en a été repris. Les chiffres dont la source primaire n’a pu être établie ont été omis.

L’Anatomie de la Fracture

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